En 2016, je n’ai pas monté mon cheval.

Et on ne s’en porte pas plus mal…

Pour des raisons indépendantes de ma volonté, je n’ai pour ainsi dire quasiment pas monté mon cheval pendant toute une année. Plantons le décor.

Fin décembre 2015, Pica avait commencé à légèrement boiter. Je vous passe les détails mais disons qu’on a essayé de le traiter pendant un long moment pour quelque chose qu’il n’avait pas. Le temps que je me sorte la tête de l’eau et que je l’emmène ailleurs, qu’on le diagnostique pour de bon et qu’on le traite de façon appropriée, presque six mois s’étaient écoulés. A peine de retour sur son dos, je fais une chute d’un autre cheval et me retrouve avec un tassement vertébral qui me cloue au sol six autres longs mois.

Voilà voilà!

Est-ce que j’estime pour autant avoir perdu une année avec mon cheval? Ho que non, bien au contraire mon cher.

Tout d’abord j’ai découvert LE TRAVAIL A PIED!

Pas que je ne connaissais pas mais pour moi jusque là il était nécessaire dans deux cas : l’éducation du jeune cheval lors du pré-débourrage et la rééducation du cheval difficile. Dans les autres cas, si tout était bien fait on en avait pas besoin. On pouvait bien sûr le pratiquer si on en avait envie, mais je ne me sentais pas concernée.

etho

Sauf que le Pica n’était pas très content d’être confiné au box avec comme seul droit de sortie quotidienne une petite balade au pas de 20minutes. Du coup, au bout de ma corde j’avais plus souvent un kangourou qu’un équidé. J’ai donc commencé à lui demander des petites choses à pied pour l’occuper, j’ai structuré l’espace avec des barres, des plots, des bâches pour l’intéresser et le concentrer sur autre chose que son trop plein d’énergie. Tout à coup, nos sorties quotidiennes se sont mises à durer 40minutes, une heure, voire plus, le tout dans un calme studieux.

J’ai aussi commencé à réfléchir différemment.

Après mon accident, plusieurs personnes m’ont demandé si j’allais essayer de trouver quelqu’un pour monter mon cheval en attendant. Deux réflexions me sont alors venues à l’esprit. D’abord, depuis quand un cheval n’est bon qu’à porter un humain sur son dos? Cela veut-il donc dire aussi que si on ne peut pas le monter, il n’a pas de valeur? Va-t-il s’abîmer s’il n’est pas monté régulièrement? Ensuite, l’utilisation de l’expression en attendant. Cela sous-entend-il que moi aussi en tant que personne pratiquant l’équitation, je n’ai pas de valeur et d’utilité si je ne peux pas monter, si je ne peux pas être une cavalière? Je dois attendre et ne rien faire? D’ailleurs, on me demandait sans cesse quand je pourrai me remettre en selle comme si c’était la seule chose qui importait.

Alors que moi, entre temps, je m’étais habituée à toujours être à coté de mon cheval et plus jamais dessus. J’ai donc occupé ces quelques mois en abordant la liberté, le travail aux longues rênes, à l’épaule,… Et à pas mal « chiller » aussi. Sans objectifs, pas de pression, sans pression, on prend réellement le temps de voir ce qui nous plaît, ce dont on a envie.

Capture

Aujourd’hui, cela fait bientôt neuf mois qu’on a repris le travail monté, et si je peux affirmer que c’est tout de même ma partie préférée dans le travail du cheval, elle fait maintenant partie d’un tout et je n’envisagerais plus de ne faire que ça.

De manière générale,

j’ai appris à relativiser quand tout ne se passe pas comme prévu et à faire contre mauvaise fortune bon cœur. Quand nos plans sont contrariés, ce n’est pas pour autant qu’on doit tout laisser tomber. Il ne faut PAS CONSIDÉRER LA PAUSE COMME DU TEMPS PERDU. Si un jour cela vous arrive, profitez-en. Transformez ce contre-temps en opportunité pour faire autre chose. Développez la relation avec votre cheval, confrontez-vous à des situations que vous n’avez jamais connues, renseignez-vous sur les stages donnés autour de chez vous et allez y assister,…

Ou bien faites une pause, une vraie, loin des chevaux et prenez du temps pour vous, pour faire autre chose. Pour ensuite revenir avec la tête claire et un regard (plus) objectif sur votre niveau, vos besoins, votre manière de faire,… Je suis toujours étonnée du nombre de petits défauts et manies qui s’installent insidieusement et que je ne remarque qu’après avoir passé du temps loin de mon cheval.

Cette expérience fait maintenant partie de mon parcours équestre, de mon histoire. Je ne la regrette pas. Je me concentre sur toutes les choses qu’elle m’a apportées plutôt que celles dont j’ai été privées. Et je continue mon petit bout de chemin, à cheval… ou pas…

 

J’ai écrit cet article dans le cadre de la Cavalcade des blogs. Le principe : chaque mois, un(e) blogueur(se) propose un thème et invite ceux qui veulent à témoigner, donner leur avis. Ce mois-ci, la cheffe d’orchestre est Audrey, du blog Qalo & Lolotte. Le thème de ce mois-ci était les bénéfices d’une pause dans son équitation. J’en profite donc pour remercier Audrey pour ce super chouette thème bien inspirant 🙂

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3 réflexions sur “En 2016, je n’ai pas monté mon cheval.

  1. Pingback: Synthèse de la cavalcade des Blogs 38 – Qalo & Lolotte

  2. J’aime j’aime j’aime… Hé oui, le permanent « Alors, quand est-ce que tu le/la montes ? Comme toi, j’ai eu la chance de découvrir d’autres manières d’approcher et de travailler … et ça n’a fait qu’une chose : améliorer grandement le bazar..;) Merci pour ton partage.

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